Situé au Saguenay, Québec, Canada
milmetiers@gmail.com
Mil-Métiers de La Baie : Centre Durocher, tél.: 418-544-2324
Mil-Métiers de Chicoutimi : tél.: 418-549-9501
L'organisme Mil-Métiers est un programme de réadaptation qui favorise l'intégration sociale et/ou professionnelle, en augmentant les compétences personnelles et fonctionnelles des participants. Cela est fait par le développement des habiletés et des habitudes de travail adaptées à des personnes vivant, ou ayant vécu, des problèmes de santé mentale ou d'adaptation sociale.
Le programme étant découpé en divers ateliers, notre album photo contiendra : des marionnettes, des sculptures, des dessins et plus. Dans la section texte, figureront des compositions réalisées au cours de français, des témoignages de participants, leurs petits trucs pour renforcer leur santé mentale etc.¸
Bien entendu, il sera ici question de santé mentale. Nous vous donnerons donc des liens utiles et des renseignements sur la santé mentale.
AFIN DE PRÉSERVER LA VIE PRIVÉE DES PARTICIPANTS, LEURS OEUVRES ET TÉMOIGNAGES SERONT SIGNÉS DE PSEUDONYMES. MERCI DE VOTRE COMPRÉHENSION!
"Vais-je encore remettre à plus tard les corvées qui attendent depuis déjà trop longtemps? Que non! Je prends le taureau par les cornes et j'agis avec promptitude, afin d'améliorer mon environnement." (7 jours)
Publié par Mil-Métiers à 21:05:51 dans Pensées | Commentaires (0) | Permaliens
Troisième et dernière partie du témoignage de Gourmet
Je ne voudrais surtout pas vous laisser sur l'impression que la dépression est le début de la fin. Bien entendu, j'ai de la difficulté à contrôler mes émotions, à être positif, je suis parfois agressif (à cause de l'anxiété ou parce que je me sens incompris, peu écouté) et...mon imagination se révèle excellente pour me faire voir le pire ! Il m'est pénible de fréquenter des lieux achalandés ou d'aller seul sur une terrasse de restaurant, car la vue de tous ces gens me fait sentir encore plus seul (j'ai donc un peu tendance à m'isoler...). Pour couronner le tout, j'ai des problèmes de dos ! Mais la vie ne se termine pas là !
Dormir, manger, me concentrer, me faire des amis, tout ça était tellement difficile au plus fort de ma dépression. J'ai même dû abandonner mes cours en raison de l'anxiété. De même, j'ai vu mon beau rêve de devenir mécanicien automobile s'envoler, en raison d'une faible tolérance à la pression (bien sûr, mon physique peu imposant ne m'a pas aidé non plus !). J'en parle au passé, car c'est beaucoup moins accablant maintenant. De même, si les tâches quotidiennes ont déjà représenté un lourd fardeau pour moi, ce n'est plus le cas, je les fais assez aisément. Même que j'avoue bien aimer magasiner, surtout en bonne compagnie : pendant que je me concentre sur cette tâche, je ne pense pas au pire !
D'autres activités me font du bien : la lecture, le vélo, prendre un café au restaurant avec des amis, mes tâches en atelier (bien sûr !), de petites marches... L'important pour moi étant de ne pas donner la chance aux idées noires de m'envahir : j'essaie donc de demeurer actif, ce qui n'est pas toujours évident, cependant. Ça demande un effort, mais ça m'aide beaucoup, surtout le vélo.
Il y a une question que j'aimerais aborder, c'est à dire celle de la violence que j'ai subie dans mon enfance. En effet, dans mon cas et dans celui de beaucoup d'autres personnes, elle joue un rôle déclencheur dans l'apparition de la dépression. Ça a causé mes problèmes émotionnels et physiques, la dégradation de mon estime personnelle et nuit à mes relations sociales, en plus de me donner une bonne dose de colère refoulée. Le stress, la maladie et la fatigue peuvent, quant à eux, contribuer à déclencher de nouvelles crises d'angoisse et renforcer la dépression.
Je vais sûrement vous surprendre en vous disant que je vois des côtés positifs à la dépression. Hé oui ! Ca m'oblige à prendre plus soin de moi physiquement et mentalement, à respecter mes limites, à me rapprocher de mes amis. Je souligne que ça m'a amené à fréquenter Mil-Métiers, lieu où je suis en relation constante avec des gens en mesure de comprendre mes problèmes, car ils en vivent eux-mêmes des semblables. J'ai d'ailleurs de meilleures relations de travail à Mil-Métiers que ce que j'ai connu auparavant. Je comprends mieux mes confrères aussi...
Mon mot de la fin ? Gardez l'espoir, soyez moins sévères envers vous-même, n'anticipez pas trop, faites des activités physiques selon vos capacités... En fait, je ne vous recommande que ce que j'essaie le plus possible de faire, sans toutefois toujours y arriver. Quant à ceux qui n'ont jamais fait de dépression et se croient au-dessus de ça, je signale que la dépression n'est pas un signe de faiblesse et que personne n'est à l'abris d'en faire une.
Publié par Mil-Métiers à 20:49:02 dans Témoignages de participants | Commentaires (1) | Permaliens
2ième partie du témoignage de GourmetLa première partie de mon témoignage portait surtout sur mes symptômes, ma médication et les effets secondaires de celle-ci. La deuxième, quant à elle, sera surtout axée sur ma relation à l'autre, dans ce contexte de maladie mentale. En effet, lorsqu'on souffre d'une maladie mentale, non seulement nos relations interpersonnelles sont-elles perturbées, mais nous éprouvons aussi un grand besoin de support.
Du support, j'en ai trouvé surtout auprès de mes amis et d'organismes ou de professionnels (CLSC, Macadam, médecin de l'urgence, travailleuse de rue, info-suicide). J'en ai peu reçu de ma famille ; j'aurais aimé en obtenir davantage.
Mon diagnostic a été bien reçu par les rares personnes auxquelles j'ai osé le révéler. Cela n'a pas été le cas de mon père, avec qui ma relation était déjà assez difficile ; il a démontré peu d'ouverture et de compréhension.
En ce qui concerne l'attitude des gens à mon égard, j'aimerais souligner quelques points importants. On m'a entre autre reproché mon air déprimé, mon visage peu souriant. J'espère bien que j'avais l'air déprimé, je n'ai pas une schizophrénie, je souffre de dépression ! J'avoue que mon entourage se serait sûrement senti mieux si je m'étais collé un sourire factice dans le visage. Mais le stock, au Centre commercial, en est épuisé! À bien y penser, je n'en avais plus en réserve non plus !
J'ai également reçu des ordres, je me suis fait rudoyer verbalement. J'ai sincèrement eu l'impression qu'on voulait que j'aille plus mal encore ! Davantage d'écoute, quelques offres de sorties afin de briser mon isolement (un simple café au resto, par exemple), m'auraient tant aidé ! D'autres petits gestes auraient pu faire une grosse différence pour moi : que les gens me parlent avec douceur, qu'ils prennent en compte ma faible concentration et répètent leurs explications sans se fâcher. J'aurais également apprécié qu'ils m'expliquent les raisons de leur silence, par exemple, m'empêchant ainsi de m'imaginer qu'ils étaient en colère contre moi. En fait, ce sont de petites attentions qui font une énorme différence.
Je dois avouer que mon moral est bien meilleur depuis que je vais à Mil-Métiers, justement parce que ça me sort de mon isolement et qu'il faut bien se le dire, là-bas plein de petits événements comiques se produisent tous les jours. Je me surprends à rire à nouveau. Et puis, il y a toutes ces personnes qui demandent de mes nouvelles ; ça me fait me sentir apprécié. C'est sans compter que les tâches que j'accomplis à Mil-Métiers m'occupent l'esprit, laissant moins de place aux idées noires.
Publié par Mil-Métiers à 16:00:46 dans Témoignages de participants | Commentaires (0) | Permaliens
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