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Mil-Métiers

Situé au Saguenay, Québec, Canada



Mil-Métiers de La Baie : Centre Durocher, tél.: 418-544-2324



Mil-Métiers de Chicoutimi : tél.: 418-549-9501



L'organisme Mil-Métiers est un programme de réadaptation qui favorise l'intégration sociale et/ou professionnelle,  en augmentant les compétences personnelles et fonctionnelles des participants. Cela est fait par le développement des habiletés et des habitudes de travail adaptées à des personnes vivant, ou ayant vécu, des problèmes de santé mentale ou d'adaptation sociale.



Le programme étant découpé en divers ateliers, notre album photo contiendra : des marionnettes, des sculptures, des dessins et plus. Dans la section texte, figureront des compositions réalisées au cours de français, des témoignages de participants, leurs petits trucs pour renforcer leur santé mentale etc.¸



Bien entendu, il sera ici question de santé mentale. Nous vous donnerons donc des liens utiles et des renseignements sur la santé mentale.




AFIN DE PRÉSERVER LA VIE PRIVÉE DES PARTICIPANTS, LEURS OEUVRES ET TÉMOIGNAGES SERONT SIGNÉS DE PSEUDONYMES. MERCI DE VOTRE COMPRÉHENSION!

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Témoignage de Boutentrain-songé : dernière partie | 02 avril 2008

Comme je le disais dans la seconde partie de mon témoignage, il ne faut pas se décourager : la vie ne finit pas avec le diagnostique de trouble bipolaire (maniaco-dépression). On peut même dire qu'elle commence... Plusieurs activités qu'on aime nous permettent de mieux contrôler nos symptômes. Je vous encourage fortement à les pratiquer régulièrement, comme je le fais moi-même. Mes "loisirs thérapeuthiques" sont : le théatre et l'improvisation (mémoire, concentration, sociabilisation, démontrer des émotions), le billard et le bridge (concentration, travailler ma logique), le vélo et le volleyball (concentration, relaxation, santé physique). Bien entendu, le tableau serait incomplet sans l'apprentissage de la gestion des finances, la réalisation de projets, ainsi que la gestion des symptômes et du sommeil. Je complète le tout en faisant évaluer mon état psychologique par mon  MD généraliste à chaque année, ce qui me permet de conserver mon permis de conduire et, par conséquent, mon travail.

Vous vous demandez sans doute quels peuvent être les projets d'une personne vivant avec le trouble bipolaire : miltiples et extravagants, il va sans dire! Maintenant que je suis bien contrôlé, que mon sommeil et ma concentration sont nettement améliorés, ces entreprises sont moins nombreuses, plus réalistes, réalisables et...je suis en mesure de les mettre à exécution. Retourner au travail est d'ailleurs un projet que j'ai concrétisé.

Ma maladie fait de moi quelqu'un d'actif, de dynamique, qui aime s'investir pour des causes et réaliser des projets. J'ai, par exemple, oeuvré au sein du comité des utilisateurs et utilisatrices du transport en commun pendant quatre ans. Maintenant, je projette de suivre un cours pour améliorer la qualité mon français. Étant bien contrôlé, je n'ai plus de difficulté à me lever le matin, mon niveau d'énergie est moins extravagant lors de mes périodes hautes, moins bas lors des périodes basses et plus stable qu'auparavant de manière générale. J'ai maintenant un travail de 40 hres sem, chose qui aurait été impossible à une certaine époque.  Je travaille dans les pièces d'auto : j'arrive à rester concentré, de manière à ne pas mélanger les pièces lorsque je les place sur les étagères. Maintenant, que je ne suis plus psychotique, je ne me perds plus dans ma propre ville (ouf!) et peux donc faire de la livraison dans le cadre de mon travail. Quant à mon employeur, il connaît ma maladie, parce que je dois parfois m'absenter de mon travail afin d'aller passer des prises de sang pour évaluer mon taux de lithium dans le sang : s'il est insuffisant, il est inefficace, et il devient toxique lorsque trop élevé. J'ai également demandé aux collègues de m'avertir de mes éventuels changements d'humeur, sans leur en expliquer la raison : ils ont promis leur collaboration. Comme vous pouvez le constater, je mets toutes les chances de mon côté.

Ceci étant dit, j'avoue que je n'ai pas de difficulté à trouver un emploi...en autant que je ne dises pas au futur employeur que j'ai une maladie mentale ; je ne crois pas qu'on m'aurait engagé si on l'avait su au départ.

J'ai quelques difficultés à faire des mouvements exigeant de la précision ou à maintenir une position statique, en raison des tremblements causés par ma médication. Garder ma concentration demande un grand effort, mais j'y arrive. Ma médication fonctionne si bien que je n'ai pas d'autres problèmes. Heureusement cependant que l'assurance médicament existe!

Ma vie est donc pratiquement normale. J'ai, d'autres projets, maintenant que j'ai un travail à temps plein : refaire du théatre, de l'impro, avoir un meilleur salaire un jour. Je suis comme vous, quoi!

Dans un autre ordre d'idée, j'avoue apprécier énormément qu'on ait eu l'idée de créer le blogue. Je peux ainsi  me renseigner sur la santé mentale, me tenir informé de ce qui se passe à Mil-Métiers et des nouveaux ateliers qui y ont vu le jour depuis que j'ai quitté le programme. En effet, j'ai été participant de 2002 à 2004 environ et ça m'a beaucoup aidé.  

En conclusion, lorsqu'on fait tout en notre pouvoir pour s'en sortir et qu'on se fait aider, on s'en sort! Tout les petits gestes comptent...même faire un témoignage, afin de se libérer de certaines choses malgré l'effort que ça demande!

 

Témoignage de Boutentrain-songé

Recueilli et mis en texte par

SunnySoleil, rédactrice, conceptrice

 

C'était donc la troisième et dernière partie du témoignage de Boutentrain-songé. Il sera tenu au courant de tous vos commentaires, n'hésitez donc pas à lui en faire!

Publié par Mil-Métiers à 19:39:00 dans Témoignages de participants | Commentaires (0) |

Témoignage de Boutentrain-songé : 2ième partie | 01 avril 2008

Deuxième partie du témoignage de Boutentrain-songé

 

Chose promise, chose dûe ! Je vous parle aujourd'hui, entre autres, de la période de rêve, qui a précédé mon hospitalisation.

 

J'ai demandé à un ami de me reconduire à l'urgence de l'hôpital de Jonquière, car je trouvais anormal d'être si agité que je n'avais même pas le temps de boire, manger ou dormir (pendant 48hres). De même, il me semblait aberrant de me perdre dans ma propre ville. Quelle n'a pas été ma surprise d'obtenir rapidement mon congé de l'urgence : je n'avais apparemment  rien ! Me sentant très mal malgré tout, je n'ai pas osé utiliser mon auto pendant trois jours. À ma troisième visite à l'urgence (heureusement, j'ai persisté !), on m'a enfin transféré à l'institut psychiatrique Roland Saucier.

 

Ce qui est enrageant dans cette histoire-là, c'est que j'aurais pu me suicider dans l'entre-temps par manque d'aide...alors que j'avais eu le bon sens d'en demander ! Mon rétablissement a peut-être été plus long, parce que le diagnostique et le traitement ont trop tardé. Un infirmier m'a confirmé qu'il arrivait effectivement que des gens se suicident en raison d'un diagnostique exagérément tardif. Il va sans dire que la qualité de vie de la personne s'en trouve également affectée :  un diagnostique précoce aurait expliqué bien des choses dans ma vie, entre autres pourquoi j'apprenais si facilement à l'école certains jours et pourquoi je me sentais si idiot à d'autres moments. Idiot, je ne l'étais pourtant pas : une maladie rongeait mes facultés... Ce terme, bipolaire, à lui seul expliquait mes malaises intérieurs et de mes idéations suicidaires, même si je n'avais pas vécu de traumatismes expliquant mon état mental. 

 

A l'époque, je buvais...et beaucoup, à part ça. On appelle cela la comorbidité : c'est présence d'un ou de plusieurs troubles associés à un trouble ou une maladie  (l'alcoolisme et le trouble bipolaire, dans mon cas). J'étais donc alcoolique, ce qui, on me l'a expliqué, nuisait à mon rétablissement. A ma sortie de l'hôpital psychiatrique j'ai, dans un premier temps, fêté mon diagnostique dans les bars. Mais il m'est vite apparu que si je voulais me rétablir, je devrais cesser la boisson, ce que j'ai fait.

 

Loin de me laisser tomber parce que j'avais cessé de boire, ou en raison de ma maladie, mes chums m'ont soutenu, se sont souciés de m'amener faire des activités etc. Pourtant, à l'époque, je n'étais pas nécessairement de bonne compagnie : une petite marche de 10 minutes m'en prenait plutôt 1h15. D'ailleurs, certaines personnes me disaient que j'écoutais trop ma dépression, ce qui me blessait et me fâchait. Si ces individus avaient adopté l'attitude de mes amis et m'avaient incité à faire de l'exercice, celà aurait été tellement plus constructif ! Ces mêmes personnes avaient aussi tendance à me demander si j'avais pris mes médicaments. Sincèrement, je préfèrerais que tous ceux qui agissent ainsi se mêlent de ce qui les regardent, car je suis assez responsable pour prendre correctement ma médication ; mon rétablissement le prouve... De ce côté-là, j'ai justement une méthode infaillible : toujours prendre la médication à la même heure ; ça aide à garder une humeur stable, tout en empêchant les oublis.

 

L'ADMD (Association des Maniaco-dépressifs), m'a beaucoup épaulé. D'ailleurs, ils m'ont donné de nombreux trucs, dont celui que je viens de mentionner. Leurs stratégies anti-insomnie sont également devenues miennes : de la musique douce au coucher, une petite marche un minimum de 2hres avant de se mettre au lit, sinon ça excite. Les gens de l'ADMD sont en mesure de me comprendre et de m'aider, ayant sensiblement le même vécu que moi. En ce qui concerne Monsieur Madame Tout le Monde, c'est vraiment autre chose... Beaucoup de gens auraient intérêt à travailler leurs préjugés en se renseignant sur ma maladie.

 

Beaucoup croient encore que la vie se termine avec le diagnostique de trouble bipolaire. Je dirais plutôt qu'elle commence! Mais ceci, vous sera expliqué dans la troisième partie de mon témoignage.

Publié par Mil-Métiers à 21:06:05 dans Témoignages de participants | Commentaires (0) |

Témoignage de Boutentrain-songé 1re partie | 13 mars 2008

 Voici le témoignage d'un ex participant. Pourquoi interviewer un ex-participant, vous dîtes-vous? Simplement parce qu'il est un bel exemple de ce que la volonté peut accomplir. Cet homme part de loin, comme vous pourrez le constater. Mais il est suffisamment rétabli pour occuper un emploi à temps plein.

 

Première partie du témoignage de Boutentrain-songé

 

Bonjour ! Je m'appelle Boutentrain-songé et j'ai 43 ans. Je suis un ex-participant de Mil-Métiers. Oui, je sais : normalement, les ex, on ne veut plus tellement en entendre parler ! Dans mon cas, c'est différent : c'est SunnySoleil qui m'a approché pour ce témoignage, prétextant que j'avais des choses intéressantes à dire. C'est donc avec plaisir que je lui ai raconté mon histoire.

 

Ces événements débutent il y a environ 30 ans, par l'apparition de symptômes que mon entourage ne semble pas avoir remarqués. Avec le recul, je peux dire qu'à cet âge,  c'est-à-dire 10 ou 12 ans, je pensais déjà au suicide.

 

Le diagnostique n'a pourtant été posé qu'à mes 36 ans. À cette époque, j'avais des problèmes avec le distributeur d'Internet, Sympatico. Le stress engendré par cette situation a déclenché, chez moi, une psychose. D'un naturel très doux, j'étais devenu agressif. De plus, je n'arrivais plus à m'orienter dans ma ville natale, dont je connais pourtant les rues par cœur, ayant été livreur. Mais bien avant ça, j'avais remarqué chez moi une grande impulsivité, laquelle m'amenait à faire des achats inconsidérés. Le rouge est d'ailleurs la couleur naturelle du compte bancaire de plusieurs personnes atteintes du trouble bipolaire (aussi appelé maniaco-dépression) !

 

Heureusement que le Lithium et le Risperdal existent ! Ces deux médicaments sont les seuls que j'ai eu à essayer, car ils répondaient bien à mes besoins ; leur dosage s'est échelonné sur 7 mois. Grâce à eux, mon humeur est nettement plus stable. J'ai toujours des « hop and down », mais ils sont si peu prononcés, qu'ils n'affectent plus mon fonctionnement. Par contre, la prise de ces médicaments s'accompagne du cortège d'effets secondaires suivant : tremblements, rares étourdissements, fragilité de la concentration, difficulté à synchroniser certains mouvements, diminution de la capacité à exprimer des émotions au niveau du visage, nausées.

 

C'est lors d'une hospitalisation à l'hôpital psychiatrique Roland Saucier, que l'on a diagnostiqué ma maladie et que l'on m'a prescrit les médicaments cités plus haut. Cette hospitalisation volontaire, m'a semblé très pénible. J'y ai d'ailleurs mis fin au bout de 28 jours, incapable que je l'étais de dormir, en raison des rondes que les agents de sécurité effectuaient à toutes les heures, lampe de poche à la main, le tout sur fond de bruits divers provenant de l'étage. De plus, je me sentais en prison ; j'avais hâte de retrouver mon petit chez-moi. J'ai donc quitté l'hôpital pour être suivi en externe ; je le suis toujours, mais uniquement pour le contrôle de ma médication. Quant à ma dépression, elle a duré...1 ½. C'est long, je peux vous l'assurer !

 

Oups ! J'oubliais de vous raconter la merveilleuse période qui a précédé l'hospitalisation, cette période où j'ai demandé du secours sans pour autant l'obtenir. Bon ! Ce sera pour une prochaine fois !



Venez visiter dans quelques temps, afin de connaître la suite de l'histoire de Boutentrain-songé, vous constaterez qu'elle finit bien.

SunnySoleil
Rédactrice Conceptrice

Publié par Mil-Métiers à 18:24:30 dans Témoignages de participants | Commentaires (0) |

Témoignage de Gourmet : Fin! | 11 décembre 2007

Troisième et dernière partie du témoignage de Gourmet   

 

 

Je ne voudrais surtout pas vous laisser sur l'impression que la dépression est le début de la fin. Bien entendu, j'ai de la difficulté à contrôler mes émotions, à être positif, je suis parfois agressif (à cause de l'anxiété ou parce que je me sens incompris, peu écouté) et...mon imagination se révèle excellente pour me faire voir le pire ! Il m'est pénible de fréquenter des lieux achalandés ou d'aller seul sur une terrasse de restaurant, car la vue de tous ces gens me fait sentir encore plus seul (j'ai donc un peu tendance à m'isoler...). Pour couronner le tout, j'ai des problèmes de dos ! Mais la vie ne se termine pas là ! 

Dormir, manger, me concentrer, me faire des amis, tout ça était tellement difficile au plus fort de ma dépression. J'ai même dû abandonner mes cours en raison de l'anxiété. De même, j'ai vu mon beau rêve de devenir mécanicien automobile s'envoler, en raison d'une faible tolérance à la pression (bien sûr, mon physique peu imposant ne m'a pas aidé non plus !). J'en parle au passé, car c'est beaucoup moins accablant maintenant. De même, si les tâches quotidiennes ont déjà représenté un lourd fardeau pour moi, ce n'est plus le cas, je les fais assez aisément. Même que j'avoue bien aimer magasiner, surtout en bonne compagnie : pendant que je me concentre sur cette tâche, je ne pense pas au pire !

 

D'autres activités me font du bien : la lecture, le vélo, prendre un café au restaurant avec des amis, mes tâches en atelier (bien sûr !), de petites marches... L'important pour moi étant de ne pas donner la chance aux idées noires de m'envahir : j'essaie donc de demeurer actif, ce qui n'est pas toujours évident, cependant. Ça demande un effort, mais ça m'aide beaucoup, surtout le vélo.

 

Il y a une question que j'aimerais aborder, c'est à dire celle de la violence que j'ai subie dans mon enfance. En effet, dans mon cas et dans celui de beaucoup d'autres personnes, elle joue un rôle déclencheur dans l'apparition de la dépression. Ça a causé mes problèmes émotionnels et physiques, la dégradation de mon estime personnelle et  nuit à mes relations sociales, en plus de me donner une bonne dose de colère refoulée. Le stress, la maladie et la fatigue peuvent, quant à eux, contribuer à déclencher de nouvelles crises d'angoisse et renforcer la dépression.

 

Je vais sûrement vous surprendre en vous disant que je vois des côtés positifs à la dépression. Hé oui ! Ca m'oblige à prendre plus soin de moi physiquement et mentalement, à respecter mes limites, à me rapprocher de mes amis. Je souligne que ça m'a amené à fréquenter Mil-Métiers, lieu où je suis en relation constante avec des gens en mesure de comprendre mes problèmes, car ils en vivent eux-mêmes des semblables. J'ai d'ailleurs de meilleures relations de travail à Mil-Métiers que ce que j'ai connu auparavant. Je comprends mieux mes confrères aussi...  J'ai espoir de devenir plus positif,  de diminuer mon anxiété et d'augmenter mon niveau de bonheur, en plus d'être davantage à l'aise en public.

 

Mon mot de la fin ? Gardez l'espoir, soyez moins sévères envers vous-même, n'anticipez pas trop, faites des activités physiques selon vos capacités... En fait, je ne vous recommande que ce que j'essaie le plus possible de faire, sans toutefois toujours y arriver.  Quant à ceux qui n'ont jamais fait de dépression et se croient au-dessus de ça, je signale que la dépression n'est pas un signe de faiblesse et que personne n'est à l'abris d'en faire une.  

Publié par Mil-Métiers à 20:49:02 dans Témoignages de participants | Commentaires (1) |

Témoignage de Gourmet : 2ième partie | 11 décembre 2007

2ième partie du témoignage de Gourmet 

La première partie de mon témoignage portait surtout sur mes symptômes, ma médication et les effets secondaires de celle-ci. La deuxième, quant à elle, sera surtout axée sur ma relation à l'autre, dans ce contexte de maladie mentale. En effet, lorsqu'on souffre d'une maladie mentale, non seulement nos relations interpersonnelles sont-elles perturbées, mais nous éprouvons aussi un grand besoin de support.

 

Du support, j'en ai trouvé surtout auprès de mes amis et d'organismes ou de professionnels (CLSC, Macadam, médecin de l'urgence, travailleuse de rue, info-suicide). J'en ai peu reçu de ma famille ; j'aurais aimé en obtenir davantage.

 

Mon diagnostic a été bien reçu par les rares personnes auxquelles j'ai osé le révéler. Cela n'a pas été le cas de mon père, avec qui ma relation était déjà assez difficile ; il a démontré peu d'ouverture et de compréhension.

 

En ce qui concerne l'attitude des gens à mon égard, j'aimerais souligner quelques points importants. On m'a entre autre reproché mon air déprimé, mon visage peu souriant. J'espère bien que j'avais l'air déprimé, je n'ai pas une schizophrénie, je souffre de dépression ! J'avoue que mon entourage se serait sûrement senti mieux si je m'étais collé un sourire factice dans le visage. Mais le stock, au Centre commercial, en est épuisé! À bien y penser, je n'en avais plus en réserve non plus !

 

J'ai également reçu des ordres, je me suis fait rudoyer verbalement. J'ai sincèrement eu l'impression qu'on voulait que j'aille plus mal encore ! Davantage d'écoute, quelques offres de sorties afin de briser mon isolement (un simple café au resto, par exemple), m'auraient tant aidé ! D'autres petits gestes auraient pu faire une grosse différence pour moi : que les gens me parlent avec douceur, qu'ils prennent en compte ma faible concentration et répètent leurs explications sans se fâcher. J'aurais également apprécié qu'ils m'expliquent les raisons de leur silence, par exemple, m'empêchant ainsi de m'imaginer qu'ils étaient en colère contre moi. En fait, ce sont de petites attentions qui font une énorme différence.

 

Je dois avouer que mon moral est bien meilleur depuis que je vais à Mil-Métiers, justement parce que ça me sort de mon isolement et qu'il faut bien se le dire, là-bas plein de petits événements comiques se produisent tous les jours. Je me surprends à rire à nouveau. Et puis, il y a toutes ces personnes qui demandent de mes nouvelles ; ça me fait me sentir apprécié. C'est sans compter que les tâches que j'accomplis à Mil-Métiers m'occupent l'esprit, laissant moins de place aux idées noires.

Publié par Mil-Métiers à 16:00:46 dans Témoignages de participants | Commentaires (0) |

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